Voulzy-Souchon anthologie chanson d'humour

Alain Souchon, Laurent Voulzy, Laurent Voulzy, Alain Souchon... ? Par lequel commencer puisqu'ils sont deux ? Deux sans être vraiment un groupe, quoique... Tout commence à peu près en 1974 où ils ont leur premier véritable succès en commun... et en 2014, ils sortent un album sous leurs deux noms et partent en tournée ensemble, c'est plus sympa, on s'emm... moins. Ils ont tout de même dû, du moins c'est ce qu'on pense nous, se poser la question au cours de leur quarante ans de carrière : cavalier seul ou à deux sur le bidet ? Souzy, Voulchon, Zysou, Chonvou..., pas facile de trouver un nom de scène alors ils sont restés chacun de leur côté, tout en travaillant à deux, ce qui donne un bel exemple d'amitié durable (ça c'est ce qu'on pense nous, mais peut-être qu'ils s'engu... à longueur d'année ?).

Pour notre part, on apprécie l'entité "Souchon - Voulzy" pour ce que chacun apporte de particulier à leur ensemble harmonieux.

Laurent Voulzy est certainement un des rares artistes qui louvoie dans la sphère des variétés et qui trouve excuse à nos yeux, ou plutôt à nos oreilles. Mieux encore, c'est un fin mélodiste et un arrangeur de talent. L'album "Caché derrière" est même certainement l'un des meilleurs albums en langue française des années 90 et avouons ici que nous l'avons écouté "en boucle". Parmi les musiciens, on trouve Manu Katché à la batterie, Bernard Paganotti à la basse... "Avril" (2001) s'inscrit dans la même mouvance et même "La septième vague" (2006), n'a pas démenti cette qualité, pourtant un album de reprises mais qui nous plonge avec délectation dans des temps trop anciens où passaient à la radio des chansons comme "La Madrague", "Derniers baisers" ou encore "Le piano de la plage". Du point de vue des mots, Voulzy, non plus, ne manque pas de grandeur d'âme et d'humour : il transparait dans des titres comme..., "Le cantique mécanique, "Quatre nuages" :

"Je t'ai tout donné     Intérêt, principal     Il me reste encore     Tout au plus un mini mal

À toi     Rien qu'à toi

Et ma bouche     Et mes yeux     Et mes mains     Tout mon corps enfin

Tout est à toi"

(Le cantique mécanique, L. Voulzy)

"Elle était assise     Sur le chemin de douane     Où elle vient souvent

Elle a vu c'est sûr     Ces quatre nuages     Et mis ses rêves dedans     Porte le vent

Bon, ce vent me donne de l'espoir     Et puis c'est un peu notre histoire,

Elle a toujours vu venir     Les nuages avant     Pousse le vent"

   (Quatre nuages, L. Voulzy)

Terminons avec Voulzy en parlant de ces chœurs si particuliers, enfantins-féminins, plein d'allant et d'humour qui sont presque une marque de fabrique ; on saluera au passage les choristes Véronique Jannot et Virginie Constantin.

Passons maintenant au collègue Souchon. Si sa musique nous emballe moins (ne voyez dans ces propos qu'une question de goût), en revanche, ça écrit "dur" ce qui, encore une fois, magnifie les créations du duo. Comme on l'a souvent dit, on sent une certaine philosophie derrière les mots (caché derrière...), voire le philosophe, plutôt débonnaire, mais aussi le "fantaisiste", au sens noble du terme, toujours prêt au jeu de mot, au bon mot, à la fine plaisanterie, à la rime qui surprend : Alain Souchon a bien un style qu'il a offert à la chanson française qu'il est encore un des rares à pouvoir représenter dignement. Il n'est donc pas facile de choisir des extraits dans ses textes, car il y a beaucoup de bons. Alors, au hasard... :

"Alors malgré nos yeux fermés     Et nos cœurs qui portent un voile

Je voudrais voir les cavaliers     En regardant les étoiles

                  (Caché derrière, A. Souchon)

"Tu verras qu'on aura des foulards, des chemises     Et que voici les couleurs vives

Et que même si l'amour est parti     Ce n'est que partie remise

Par les couleurs, les accords, les parfums     Changer le vieux monde

Pour faire un jardin"

      (Le pouvoir des fleurs, A. Souchon)

"J'ai un rêve     Le rêve que j'ai     Tout l'monde le fait

Je rêve d'eau     Mais d'océan     Ah ! L'océan

Au sud et vivre de pêche     Mais les rêves on les empêche"

                    (Le rêve du pêcheur, A. Souchon)

"Mystère    De nous passagers sur la terre     On est venu pourquoi faire, faire

À quoi ça sert     Parler ou se taire     Travailler, chercher des airs

Vous dire     Ce qu'on a déjà dû vous dire     La vie c'est du plaisir

Ouhouhouh     Ou es soupirs     Pourquoi on est là     Mais moi je sais quoi

Je suis venu pour elle..."

(Je suis venu pour elle, A. Souchon)

"C'est une fille d'avril     Pauvre de moi     Une fille difficile

Elle ne veut pas     Découvrir d'un fil     Tout ce qu'elle a

Ni son cœur, ni son corps     C'est comme ça"

(La fille d'avril, A. Souchon)

Tout ça pour dire, en définitive, que les jeux de mots, les bons mots et l'air bonhomme sont juste un jeu de l'esprit qui cachent, quand il y en a (de l'esprit), une certaine mélancolie, parfois même une vraie et profonde tristesse à la vue de nos existences un peu futiles, un peu absurdes et toujours passagères ; de quoi se sentir "bidon", "jamais content", "au ras des pâquerettes" et souvent à la recherche d'une insouciance perdue : "Laissez-moi rêver que j'ai dix ans     Ça fait bientôt quinze ans que j'ai dix ans" (J'ai dix ans, A. Souchon).

En écoute : La fille d'avril (par. A. Souchon, mus. L. Voulzy, productions Laurent Voulzy 2001

 

 

 

 

 

Site web : laurentvoulzy.com

Site web : alainsouchon.net

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