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Les belles asperges

Publié le 15 juillet 2024, par Charles-Erik Labadille

Il y avait les bonnes, maintenant il y a les belles asperges ! Mais méfiez-vous des asperges (Asparagacées) ! Cette famille a littéralement « vidé » de son contenu la famille des lis (Liliacées) jadis si prospère ! Rendez-vous compte : sur les 12 fleurs que nous présentons, pas moins de 11 ont lâché leur ancienne famille, abandonné frères et sœurs, renié pères et mères, bien sûr avec l’aide des botanistes qui classent, déclassent et reclassent sans aucun scrupule, aidés d’un nouvel outil devenu incontournable, la génétique… Mais réconfort, réconfort… Les feuilles à nervures parallèles nous indiquent bien que nous sommes toujours chez les monocotylédones ! Merci aux savants de nous avoir tout de même laissé ça !

De l’asperge au muscari…

Muscari à toupet

Donc chez les asperges, on a des clients et des clientes qui ont du style : la dame-d’onze-heures aux belles fleurs blanches que l’on croise parfois en prairie ; le fragon appelé petit houx car ses fausses feuilles sont très piquantes ; le muguet qu’on se limitera à sentir (très toxique) ; et le muscari qui a inventé la banane, mais verticale et violette…

L’asperge officinale (Asparagus officinalis)

La dame-d’onze-heures (Ornithogalum umbellatum)

Le fragon piquant (Ruscus aculeatus)

Le maianthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium)

Le muguet-des-bois (Convallaria majalis)

Le muscari à toupet (Muscari comosum)

De l’ornithogale à la scille

La scille d'automne

La famille rassemble des plantes alimentaires comme l’asperge (sauf les baies) et l’ornithogale des Pyrénées (consommée comme la précédente et nommée de ce fait « aspergette » mais aussi des plantes toxiques comme le muguet, le sceau-de-Salomon, l’ornithogale-en-ombelle, le maianthème, la jacinthe…

L’ornithogale des Pyrénées (Loncomelos pyrenaicus)

La phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago)

La phalangère rameuse (Anthericum ramosum)

Le sceau-de-Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum)

La scille d’automne (Prospero autumnale)

Une belle vernale, la jacinthe-des-bois

La jacinthe des bois

La jacinthe-des-bois (Hyacinthoides non-scripta)

Elle aussi a « voyagé » de la famille des Liliacées à celle des Asparagacées ! Si les sous-bois de nos forêts ne sont, en général, pas très fleuris, quand les jacinthes des bois s’y mettent, c’est le feu d’artifice ! Bleu, bien entendu, qui succède à d’autres floraisons spectaculaires, celles jaunes des jonquilles puis blanches des anémones des bois qui, elles aussi comme Johnny, savent allumer le feu en forêt ce qui, jusqu’ici, ne leur a pourtant pas attiré d’ennui… Curieux non ? Ces plantes dites « vernales » (du printemps) repeignent en grand les sols forestiers avant que les grands arbres ne fassent leurs feuilles qui vont bloquer l’arrivée de la lumière dans les strates inférieures.

27 mars… C’est le moment d’aller faire vos photos de jacinthes des bois qui vont épater vos voisins puis trôner quelque temps, encadrées au-dessus de vos cheminées. Si, pour l’esthétique de votre petit intérieur, vous préférez le jaune ou le blanc, vous avez également les deux copines déjà citées qui font encore acte de présence à cette date, les jonquilles et les anémones…

Regardez les longues feuilles linéaires des jacinthes des bois, ce sont bien celles des monocotylédones. Les grappes de fleurs bleu-violet, penchées d’un seul côté, sont parfois blanches. La plante apprécie les bois légèrement acides mais, curieusement, peut également coloniser certains escarpements rocheux ou même des landes, en pleine lumière !