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Flore plages et dunes

Publié le 3 mai 2024, par Charles-Erik Labadille
Cordon de galets CEL

Dépassant les l 000 km, soit près du cinquième du linéaire national, les rivages normands sont étonnement variés. Les côtes à falaises – crayeuses et verticales de la Haute-Normandie, ou siliceuses et trapues du Cotentin – .alternent avec les côtes basses sableuses, les cordons de galets, de profonds estuaires et de vastes baies. Au sein de ces ensembles baignés par la Manche, les plages et les dunes sont bien représentées, particulièrement en Normandie armoricaine et de façon magistrale sur la côte ouest du Cotentin.

Les littoraux sableux ne sont guère accueillants. du moins pour les plantes qui y élisent domicile : vents et embruns salés, sécheresse et redoutables amplitudes thermiques au niveau du sol, mobilité du sable et enfouissement… Pourtant certaines espèces montrent bien ici leur capacité d’adaptation et se répartissent en « bandes » successives, parallèles au rivage : cette zonation traduit la diminution régulière des facteurs contraignants, de la plage vers l’intérieur des terres.

 

La "laisse de mer"

Haut de plage à cakiliers à Montmartin-sur-Mer (50) CEL

Le désert minéral qu’est la plage s’achève, dans sa partie supérieure (haut de plage), avec la « laisse de mer » : les débris organiques (surtout des algues…), poussés et rassemblés ici par les marées successives, sont colonisés par des plantes annuelles appréciant les nitrates, telles les arroches, la soude maritime ou le cakilier, une belle crucifère à la floraison blanche ou rose.

En arrière de la « laisse », débute véritablement la formation de la dune avec l’apparition du chiendent des sables : cette graminée supporte bien les immersions temporaires, résiste au mitraillage des grains de sable transportés par le vent, les accumule et commence à les fixer.

Les plantes du « haut de plage » (laisse de mer et dune embryonnaire). Classes du cakilier (Cakiletea) et classe du pourpier de mer et de l’élyme des sables (Honckenyo-Elymetea)

La "dune blanche"

Dune à oyat CEL

À la dune embryonnaire, succède bientôt la dune blanche, encore atteinte par les embruns. Les apports de sable sont toujours importants : l’oyat s’en accommode bien, grâce à sa forte capacité de croissance en hauteur. Cette plante, au système racinaire impressionnant, est souvent accompagnée par le panicaut maritime ou « chardon bleu », le liseron et l’euphorbe des dunes, autres espèces caractéristiques de la dune « mobile », encore sujette à des fluctuations importantes.

Les plantes de la « dune blanche ». Classe de l’euphorbe des dunes et de l’oyat (Euphorbio-Ammophiletea)

La "dune grise"

Enfin, avec l’éloignement de la côte et l’adoucissement des contraintes de vie, un tapis végétal couvre le sable qui, plus riche en humus, s’assombrit en surface : c’est la dune grise ou dune fixée, aux pelouses naturelles où se mêlent mousses, lichens et de nombreuses plantes herbacées comme les fétuques, le lagure ovale (ou « queue de lièvre »), la laîche des sables, le gaillet du littoral…

Les plantes annuelles de la « dune grise ». Classe de la stipe tortillée et du brachypode à 2 épillets (Stipo-Trachynietea)

Les plantes vivaces de la « dune grise ». Classe de la koelérie blanchâtre et du corynéphore blanchâtre (Koelerio-Corynephoretea)

Un peu de faune...

...et de paysages